Du buzz dans la campagne Marie-Françoise Colombani

En pleines huloteries et hulot-mania, que faire de Nicolas Hulot ? Car, de toute évidence, entre les « faut que… » et les « yaka… » qu’il suscite et l’engouement qu’il provoque, il va bien falloir l’habiller pour l’hiver. Et pour ce printemps électoral aussi, même si, avec le réchauffement de la planète, les hirondelles risquent d’arriver très tôt l’an prochain. Nicolas Hulot sera-t-il le poil à gratter de la campagne ? Un candidat parmi d’autres ? Un super conseiller ? Une bonne conscience ? Un emmerdeur ? Un naïf ? Un utopiste ? Un faire-valoir des Bayrou, Chirac, Royal, Sarkozy, Voynet, consoeurs et confrères ? Ou un repoussoir pour les analystes qui pronostiquent qu’il va, s’il se présente aux élections, « flytoxer » les Verts, assécher la gauche et fertiliser le Front national ? Bref, pour cette nuée de cassandres, semer la discorde et le désordre. Depuis qu’en présentant son « Pacte écologique » (éd. Calmann-Lévy), il n’a pas écarté d’un coup de sécateur son éventuelle candidature, on hésite entre le faire dialoguer avec les anges ou le faire pactiser avec le diable. Lors d’un récent sondage, deux tiers des personnes interrogées ont déclaré qu’il était le meilleur pour défendre l’environnement au cours de la prochaine campagne présidentielle. Et pourtant, 43 % d’entre eux seulement – les femmes bien plus que les hommes – souhaitaient qu’il soit candidat à cette élection. Il semble bien que l’homme, qui a refusé deux fois le poste de ministre de l’Environnement, ne soit pas habité par une quelconque ambition politique.
Mais on a bien compris également que si son cri de guerre : « Pillez mes propositions, enrichissez-les » n’est pas entendu, il passera à l’acte. Et, n’étant jamais mieux servi que par soi-même, cela pourrait bien être la meilleure solution. Ni lui ni ses partisans n’imaginent une seconde qu’il puisse s’asseoir un jour à l’Elysée mais, au moins, les problèmes majeurs de la planète en matière d’écologie profiteront d’une tribune sans être récupérés par un quelconque courant. En expliquant inlassablement et officiellement qu’en ne changeant rien, nous sommes en train de nous diriger vers ce que Claude Lévi-Strauss appelle un suicide consenti, Nicolas Hulot deviendrait notre Al Gore national, l’ex-vice-président des Etats-Unis dont le film « Une vérité qui dérange » fait, avec ses 16 millions d’entrées dans le monde, un véritable tabac. Un sacré boulot en perspective ! Mais il ne saurait y avoir de vacances pour Monsieur Hulot.

 

Marie-Françoise Colombani,
Elle le 19 Novembre 2006
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