Fabius, Royal et Strauss-Kahn exposent leurs



Fabius, Royal et Strauss-Kahn, trois

socialistes, trois visions pour 2007

Le premier débat entre les prétendants du PS, consacré à l'économie et au social, a exposé des

conceptions différentes : jacobine de gauche pour M. Fabius, décentralisatrice et pragmatique

pour Mme Royal, sociale-démocrate pour M. Strauss-Kahn

Pourquoi souhaitez-vous, ce soir, être candidat à la présidence de la République ?

Ségolène Royal. Je suis candidate pour faire gagner la gauche et ensuite pour faire réussir la France. Je suis candidate

parce que je crois à la volonté politique, y compris en économie. (...) Je crois qu'il est temps que les Français reprennent

la main sur l'économie pour que celle-ci soit au service de l'humain et du bien-être. Je pense que les Français

aujourd'hui sont inquiets parce qu'ils ne comprennent pas les mutations du monde dans lequel ils vivent et qu'ils ont

envie de redonner du sens à leur travail.

Alors, il s'agit de mettre fin au désordre des choses. Au désordre de la précarité, qui sape la valeur travail. Au désordre

de la baisse du pouvoir d'achat, qui sape la confiance en soi. A l'anarchie financière qui sape la vraie valeur

économique. Et au désordre de l'environnement qui met en cause l'avenir de la planète. (...) Alors on mettra en place un

ordre économique, social et environnemental juste. C'est cela l'objectif de la prochaine échéance présidentielle, et cet

ordre économique, social et environnemental juste, je veux le construire avec les Français.

Je n'ai pas aujourd'hui réponse à tout. Ce que je veux, c'est redonner du sens, redonner une cohérence, pour que chaque

Français, là où il est, dans son milieu de travail, comprenne sa place dans l'entreprise et sa place dans la société. Je

pense aussi que nous sommes capables de réconcilier les Français avec l'entreprise en redonnant de la valeur au

dialogue social. C'est là, à mon avis, que se trouvent les réserves de productivité les plus importantes.

Dominique Strauss-Kahn. Permettez-moi d'abord de saluer Ségolène Royal et Laurent Fabius. Je suis candidat pour

qu'enfin dans notre pays, on mette en oeuvre les solutions d'une sociale-démocratie moderne. L'objectif, c'est le social,

et la méthode, c'est la démocratie. Parce que je crois que les questions économiques et sociales sont au coeur des

difficultés que connaissent les Français.

Nous sommes ici ce soir parce que chacun d'entre nous a la conviction légitime qu'il porte un chemin pour le pays et

qu'il est sans doute le mieux placé pour vaincre la droite, car c'est effectivement notre objectif commun. Et je sais que

les militants du parti socialiste sont inquiets. Certains ont choisi, pas tous. De plus en plus hésitent. Ils lisent ce que

nous écrivons. Ils écoutent scrupuleusement ce que nous disons. Ils attendent les débats. Et ils sont inquiets parce qu'ils

ont peur que ces débats nous desservent. Je les comprends, parce que c'est une première. On n'a jamais fait cela. D'un

autre côté, il faut qu'ils n'aient aucune inquiétude et moi, je voudrais les rassurer.

D'abord, parce que nous ne sommes pas ici pour vaincre sur l'autre comme on le fait quand on est dans un combat

contre la droite. On est là pour essayer de convaincre. Et puis parce que la démocratie, finalement, n'a jamais fait de mal

à quiconque. (...)

Donc je pense que c'est heureux que ces débats aient lieu, qui vont nous permettre d'éclairer nos choix, de dire pour

chacun d'entre nous ce que nous pensons, et que nous en sortirons plus fort. Parce qu'évidemment, au bout du compte,

ce qui nous rassemble est beaucoup plus forts que ce qui nous divise. (...) Parce qu'au bout du compte, voilà comment

ça va se passer, en avril 2007 : la droite n'aura pas eu de débat et elle arrivera divisée. Alors que nous, nous aurons eu

un débat et nous arriverons rassemblés.

Laurent Fabius. D'abord, je voudrais dire mon plaisir d'être là ce soir pour un débat qui fait honneur à la démocratie et

qui, je crois, fait honneur au Parti socialiste; Et je voudrais saluer aussi Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, qui

sont mes compétiteurs dans ce grand débat.

Pourquoi est-ce que je suis candidat? Je suis candidat parce qu'il y a des situations, des inégalités, des injustices que je

n'accepte pas, qui doivent changer et qui peuvent changer. Je n'accepte pas qu'il y ait, dans un pays riche comme la

France, des millions de salariés qui ne peuvent joindre les deux bouts, tellement de retraités qui aient des difficultés à

vivre.

Cela peut être changé, cela doit être changé. Je n'accepte pas non plus qu'il y ait des centaines de milliers d'enfants qui

sortent de l'école sans savoir lire, écrire, compter. Ce qui est vrai au niveau de la France l'est au niveau de l'Europe.

L'Europe, c'est une idée magnifique qui a beaucoup avancé en matière de paix, de démocratie.

Mais en matière économique, pour l'instant, elle est un peu encalminée. En matière sociale, ça n'avance pas vraiment. Et

au niveau mondial, c'est la même chose du point de vue de l'environnement: la planète est menacée dans son existence

même. Et puis, il y a des menaces nucléaires ici ou là. S'il y a un moment où toutes ces questions doivent être débattues,

c'est l'élection présidentielle. Et nous y sommes.

Moi, j'ai un projet, c'est ce livre : Le Projet socialiste. (...) Il ne faut pas qu'il y ait d'ambiguïté: si je suis investi et élu,

c'est le projet socialiste que j'appliquerai, sur la base du rassemblement de la gauche. Parce que c'est le choix stratégique

qu'il faut faire. Voilà, je suis préparé pour cette grande tâche, je suis déterminé et je suis prêt. C'est pour ça que je suis

candidat.

On va commencer par le diagnostic sur l'état de la France.

DSK. Je crois que nous avons les moyens de réussir et qu'il faut que nous nous fixions des objectifs ambitieux. Et

l'objectif que je fixe, c'est celui du plein emploi dans notre pays en moins de dix ans. Les Français sont inquiets. La vie

est dure, les inégalités explosent un peu partout et ils le constatent, les perspectives au travail sont généralement faibles.

(...) Je comprends bien cette angoisse. Elle vient de ce que nous entrons dans une période nouvelle, dans laquelle il y a

beaucoup de changements.

Des changements qui sont liés à la mondialisation (...), à des questions nouvelles, qu'on connaissait peu il y a cinq ans

ou dix ans, comme le vieillissement de la population, la fin du pétrole, les nouvelles technologies. La droite a laissé une

situation très difficile. Si depuis cinq ans, nous avions eu en France la croissance économique qu'il y a eu aux Etats-

Unis, chaque famille française aurait 4 500 euros de plus par an. C'est dire le décalage et le déclassement que nous

avons vécus. (...)

Il faut bien sûr redistribuer du pouvoir d'achat pour relancer la machine. Mais il faut surtout que nous soyons capables

d'investir. Pour innover, pour voir l'avenir, pour anticiper. C'est donc une autre voie que ce que fait la droite aujourd'hui,

et une autre voie que ce que fît la gauche dans le passé. Nous avons beaucoup lutté contre les inégalités et on nous a

beaucoup reproché de ne pas avoir assez de résultats. Pourquoi ? Sans doute parce que les instruments étaient un peu

anciens et que nous n'attaquions pas les inégalités là où elles se forment, à l'école, dans l'appareil de santé. (...) Un

nouveau souffle est possible, il passe par une plus grande solidarité avec des instruments renouvelés et par un objectif

de plein emploi dans moins de dix ans.

L F. Si j'avais deux mots à retenir pour ce diagnostic, je dirais: précarité et décrochage. C'est ce que je vois dans ma

commune du Grand-Quevilly, qui est une commune ouvrière. (...) Ce décrochage et cette précarité, on les voit dans tous

les secteurs de la vie en France mais aussi, en Europe. C'est un nouveau capitalisme auquel on a à faire. (...)

Avant, vous aviez un certain équilibre entre travail et capital: aujourd'hui, le capital lamine tout. Avant, vous aviez un

certain équilibre entre les salariés, les managers, les actionnaires. Aujourd'hui, ce sont les fameux fonds de pension qui

décident de tout. Avant, vous aviez une capacité de l'Etat d'intervenir par rapport aux entreprises. Aujourd'hui, les Etats

sont mis en cause. Et la droite va encore plus dans ce sens, puisque sa politique, c'est brutalité et précarité. (...)

Nous avons la possibilité de rebondir, à condition de ne pas se fixer comme aujourd'hui le profit à court terme

maximum comme objectif, mais de mettre au centre de tout la personne humaine. Pour ça, on a besoin d'une croissance

plus juste, plus forte et plus durable.

S R. Je rejoins ce qui vient d'être dit sur le décrochage, je dirais même une spirale dépressive, la montée des pauvretés.

Je crois que la croissance du PIB mesure très mal ce qui reste à distribuer. La croissance de la valeur ajoutée, c'est la

production moins les charges. Or il se peut que cette valeur ajoutée augmente sur le plan économique mais détruise de

la valeur sociale et environnementale. (...)

La situation de la France est mauvaise parce que notre pays s'appauvrit. Ce n'est pas une fatalité. La volonté politique

peut rapidement redresser les choses dans trois domaines que sont le sous-investissement dans la valeur travail, dans

l'innovation et dans l'environnement. Si l'on remet à niveau l'investissement dans ces domaines, on relancera le vrai

enrichissement de la France, ce qui nous permettra aussi de distribuer du bien-être social.

La croissance, on nous dit qu'elle repart : elle est à 2,4 %. Qu'est-ce qui vous permet de croire, Laurent Fabius, que vous

pouvez faire mieux ?

L F. (...) Il y a un point absolument central: c'est la question de l'éducation et de la recherche. Dans ces domaines, nous

avons malheureusement reculé. Il faut redonner une impulsion formidable à la recherche. Il faut avoir une

programmation sur dix ans en matière de recherche et à partir de ce moment-là, la croissance repartira. (...) Je propose

une loi de programmation pour cinq ans en matière d'écologie. Et j'ai l'intention, si je suis investi et élu, de répondre à la

recommandation de Nicolas Hulot et de faire que le numéro deux du gouvernement soit un ministre d'Etat chargé du

développement durable. J'ajoute qu'il y a besoin de réorienter et de relancer la croissance européenne vers plus de

social, plus d'emplois et plus d'environnement.

Education, recherche, écologie, vous êtes pratiquement d'accord, Ségolène Royal ?

S R. Si je reprends les trois raisons qui expliquent l'appauvrissement de la France, il faut donc réinvestir dans le travail,

l'innovation et l'environnement. Il y a aujourd'hui trois millions de Français qui sont exclus du monde du travail et, de

l'autre côté, des entreprises qui sont en pénurie de main d'oeuvre. (...)

- Il faut que l'on - donne à ces trois millions de Français la formation professionnelle nécessaire pour se remettre sur le

marché. Aujourd'hui, le taux d'activité pour les Français âgés de 16 à 65 ans est de 63%,c'est-à-dire dix points de moins

qu'au Danemark. Si l'on s'alignait sur le taux d'activité du Danemark, on aurait des comptes sociaux excédentaires de 35

milliards d'euros au lieu d'un déficit actuel de 11 milliards d'euros. Notre PIB serait supérieur de 3 200 euros de plus par

personne. Le premier objectif, c'est l'investissement massif dans la ressource humaine. (...) Il faut améliorer ce qu'on

appelle d'un mot un peu complexe, "l'employabilité" des Français. (...) La deuxième priorité, c'est l'investissement

massif nécessaire dans l'innovation et la recherche. (...)

Enfin, c'est l'investissement massif dans l'environnement, puisque c'est là que se trouvent aussi un certain nombre

d'emplois du futur et les conditions d'un développement durable. On estime en France de 500 000 à un million le

nombre d'emplois actifs que l'on pourrait créer dans ces domaines.

Une croissance de l'ordre de 4%, est-ce possible dans les cinq ans qui viennent?

DSK. Ce qui nous manque aujourd'hui, c'est la confiance. Sans confiance, pas de croissance. Et s'il n'y a pas de

croissance, tous les programmes politiques, de gauche comme de droite, finiront dans la déception. (...) Ça a été une

sorte de crime de la part de ce gouvernement lorsqu'il a sacrifié les crédits de recherche. La recherche, c'est public et

privé qui doivent être associés.

Il faut une grande négociation, moi j'ai appelé ça: le pacte de l'Elysée. (...) Une négociation sur le pouvoir d'achat, bien

sûr, le smic et aussi toutes les carrières, la question des retraites qui angoisse les Français, la sécurisation

professionnelle dans les endroits où il y a des délocalisations, la santé au travail.

(...) Si je suis désigné candidat des militants socialistes, avant même l'élection présidentielle, je prendrai des contacts

avec les structures syndicales, le patronat, pour qu'on puisse mettre en marche (...) Plus il y a de dette, plus il y a

d'intérêts à payer, et moins l'Etat peut intervenir. Pour un libéral, ce n'est pas gênant, il ne veut pas que l'Etat

intervienne. Pour moi, l'Etat doit intervenir. Si toutes ses marges de manoeuvre sont mangées par les intérêts à verser,

ça ne vaut rien. La gauche doit être l'ennemie de la dette et moi, je prends l'engagement de faire en sorte que, en une

législature, nous ayons au moins stabilisé le niveau de la dette.

Cet objectif du Parti socialiste : 5% de taux de chômage, le retour au plein emploi. Êtes-vous magiciens ?

S R. C'est la France qui est magicienne! Je crois qu'il y a beaucoup de talents qui sont étouffés dans une sorte de

bureaucratie tâtillonne. Aujourd'hui, ce sont les régions qui ont la compétence économique, ce sont elles qui ont

rassemblé les entreprises, parfois 200, 300, 400, avec les laboratoires de recherche, la formation en amont, en aval. La

France de demain, c'est cette France des pôles de compétitivité, là où se trouve la matière grise, la transformation

industrielle et les synergies entre les entreprises, qui vont de la recherche jusqu'au produit final.

(...) Je régionaliserai entièrement l'aide aux filières économiques et aux pôles de compétitivité. Car je crois que la

création d'emplois, c'est quand chacun est à sa place. (...)Je pense qu'il y a un potentiel dans le microcrédit, dans l'aide

immédiate donnée aux toutes petites entreprises. Enfin, il y a un espace sur l'économie solidaire qu'on oublie trop

souvent.

Le plein emploi, ce n'est pas simplement une promesse électorale ?

DSK. Non. C'est une action, une conviction, une politique à conduire. (...)Plus d'emplois, c'est plus de croissance. Ce

n'est pas de la magie, c'est juste une règle élémentaire. Encore faut-il qu'on puisse accéder à ces emplois. Prenez les

jeunes. Ils n'y accèdent pas facilement pour autant.(...) Il faut donc les accompagner dans l'emploi, il faut des procédures

de formation par alternance (...)Je rejoins Ségolène Royal quand elle disait: il faut être au plus près du terrain. (...)Mais

globalement, avant cela, il y a la politique économique que l'on conduit.

Les 35 heures ?

DSK. Les 35 heures, c'est un sujet qui est un petit peu derrière nous. Elles sont en place, et moi, je n'aime pas ceux qui

expliquent qu'à cause des 35 heures la croissance a été faible. Parce que justement, c'est quand on a mis les 35 heures en

place qu'on a eu les plus forts taux de croissance depuis vingt-cinq ans.

Vous revenez à l'application stricte des 35 heures ?

DSK. Je reviens à ce que prévoit le projet socialiste et qui me convient bien. (...)

L F. Il ne faut pas laisser dire que les 35 heures ont été un échec. Elles ont apporté de grandes satisfactions à des

millions de salariés. Il faut rendre hommage au courage de Lionel Jospin et de Martine Aubry, qui ont tenu envers et

contre tout. (...) Si je suis élu président de la République, les 35 heures seront généralisées. Il y aura d'abord un bilan qui

sera fait contradictoirement avec le patronat et les syndicats, et ensuite une négociation, qui sera sans doute longue et

difficile mais qui devra aboutir, avec des souplesses. (...) Il y a eu un transfert considérable du travail vers le capital. Si

on veut à la fois être juste socialement et efficace économiquement, il faut opérer un mouvement différent. D'où ma

proposition d'aller vers un smic à 1 500 euros au cours de la législature.

Plus précisément, si je suis élu président de la République, dès les premiers jours, il y aura une augmentation de 100

euros du smic (...) Une conférence salariale examinera l'impact de la hausse du smic sur les autres salaires pour avoir

aussi des augmentations de rémunérations. Comment tout cela est financé ? Il y aura la suppression des exonérations de

cotisations sociales pour les grandes entreprises. Elles ne servent plus à rien, elles représentent plusieurs milliards

d'euros. (...)

Faut-il vouloir à tout prix éviter les délocalisations ?

DSK. Je crains qu'avec Laurent Fabius nous ayons un point de désaccord. Non pas sur les 35 heures (...) Mais sur la

manière de procéder aux augmentations de salaires. Ce que le PS a prévu, c'est de porter le smic à 1 500 euros aussi vite

que possible et si je suis élu, ce sera fait. La question est la méthode. Beaucoup plus qu'hier, nous avons besoin de la

négociation. J'ai bien entendu ce que disait Laurent Fabius, à savoir que la conférence salariale devait permettre de faire

en sorte que ça ne se limite pas aux smicards. (...) Il faut traiter tous les salaires et aussi la revalorisation des carrières.

(...) Ce qui est dramatique, ce n'est pas d'être au smic une fois dans sa vie, c'est d'y rester toute sa vie (...).

Nous devons éviter ces délocalisations. On ne peut pas toujours empêcher une entreprise de partir mais il faut que la

solidarité nationale intervienne pour en corriger les effets. Quand quelqu'un est malade, l'ensemble des Français paient

pour le soigner.

L F. Ce n'est pas une différence de méthode, c'est une différence d'ambition. Le smic, aujourd'hui, c'est 1 254 euros

brut, à peu près 1 000 euros net. J'estime comme socialiste que, si un gouvernement de gauche arrive aux

responsabilités et n'est pas capable d'augmenter de 100 euros par mois le smic, il ne remplit pas sa tâche. (...)

Sur les délocalisations, je suis partisan d'un principe nouveau, le " délocaliseur payeur ". Il faut attaquer à la caisse. Ca

veut dire que si des entreprises veulent délocaliser, il faut qu'elles soient les premières à devoir payer les reclassements

nécessaires. (...) Je ferai une remarque courtoise mais profonde : si l'on croit que c'est en modifiant un peu le taux de

ceci, le salaire de cela, en prenant les mêmes instruments que dans le passé et en les rendant un peu plus performants

qu'on va surmonter la mondialisation financière, s'opposer à toutes les conséquences des délocalisations et faire en sorte

qu'on arrête ce scandale où dans un hypermarché, la caissière gagne 1 300 euros et le grand patron part avec des

millions d'euros, on se trompe. Et, ce qui est pire, on trompe.

S R. Les délocalisations constituent un des désordres dont souffrent les Français. Non seulement ils en souffrent mais ils

en ont peur. Dans ma région, nous avons à faire face à la délocalisation d'une entreprise de textile. (...) Ce que j'ai fait et

ce que je propose d'étendre au niveau national, c'est désormais de conditionner toutes les aides publiques à l'interdiction

de délocaliser si les entreprises font des bénéfices. (...)

Une des solutions des délocalisations, c'est aussi l'anticipation. (...) Je suis allée en Suède voir Ericsson - cette entreprise

a délocalisé une partie, perdu des marchés, et a dû supprimer 10 000 emplois sans un seul jour de grève, car les salariés

ont été associés bien en amont. 90 % des salariés sont adhérents à une organisation syndicale. Et j'appelle aussi en

France à la construction d'un syndicalisme de masse (...).

Les Français ont le sentiment qu'on leur ment sur l'indice des prix. On parle du smic, mais il va falloir donner un coup

de pouce sérieux aux petits retraités. (...) Je prends l'engagement de remettre de la vérité dans le calcul de la hausse des

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