La presse internationale se passionne pour la " rupture " Royal

SEUL LE ' FINANCIAL TIMES ' A JUGÉ LA CANDIDATE ' UNE DÉCENNIE EN ARRIÈRE DU DÉBAT


LE ' TRIOMPHE ' de Ségolène Royal à la primaire des socialistes pour la désignation de leur candidat a fait immédiatement le tour des sites Internet de la presse internationale. Aux Etats-Unis, où le magazine en ligne Salon. com la salue comme la ' Hillary française ', le New York Times estimait, vendredi matin 17 novembre, que Mme Royal ' a fait un pas de plus sur la voie de devenir la première présidente de la France '. Le quotidien de l'establishment américain souligne qu'elle a fait campagne sur ' une plateforme de rupture avec le statu quo et capitalisé sur sa féminité ', et s'interroge sur ' son inexpérience en politique étrangère '.

Dans toute l'Europe, la presse n'a pas attendu le vote des militants pour se passionner pour le phénomène, quitte à faire grincer les dents de certains correspondants qui ont du mal à comprendre ce que veut vraiment la candidate, notamment en matière de politique économique et européenne. Mais ce scepticisme est balayé. ' Elle représente quelque chose de nouveau dans la politique française, ce qu'elle pense n'est pas grave, estime ainsi la correspondante de la télévision suisse romande et de la radio-télévision belge francophone, Corinne Portier. La classe politique française est perçue comme un terreau encroûté, de type masculin. La France est l'un des rares pays où l'on devient président à l'usure. Ségolène Royal donne l'impression que quelque chose de différent est en train de surgir en France. '

Le renouveau : c'est le thème qui revient souvent dans les commentaires européens, seul le Financial Times prenant clairement ses distances. Dans un éditorial au canon titré ' La France voit rouge, le Parti socialiste a besoin de comprendre le monde moderne ', le quotidien britannique a pris les devants, jeudi 16 novembre, en estimant que ' même la candidate la plus 'progressiste' reste une décennie en arrière du débat dans le reste du monde ' : ' Ségolène Royal a joué sa sérénade aux gens avec une romance à l'eau de rose des années 1990 sur la justice sociale et la démocratie participative ', se moque-t-il.

La presse britannique n'oublie pas cependant que Mme Royal a été la seule des candidats socialistes à prendre la défense du modèle Blair. Même si le très conservateur Times note que ' sa campagne ressemble à celle du New Labour seulement dans sa mise en exergue des valeurs morales, l'utilisation des médias et sa capacité à se connecter avec le public '. Le quotidien allemand des finances Handelsblatt, qui consacre à ' l'éclat royal ' une page jeudi, n'est pas aussi sévère, qui note ' que la rupture des tabous socialistes se décline comme un fil rouge dans la campagne de Royal '.

Le correspondant du Corriere della Serra, Massimo Nava, voit lui déjà les fées se pencher sur le berceau : ' Le président, qui n'aime pas Sarkozy, pourrait voir avec sympathie une femme lui succéder à l'Elysée. Ce n'est pas une fiction politique. Chirac l'a déjà fait par le passé en préférant Mitterrand à Giscard ', écrit-il.

Service France
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