Cartouche didier pourquery

Editorial

On sait Nicolas Sarkozy expert en rhétorique. Avocat, il a gardé l’habitude de ponctuer ses interventions de réponses à des questions que personne ne lui pose… et de répondre à toute remarque qu’il juge déplaisante par sa phrase désormais célèbre : «On me reproche ça, mais qu’est-ce que j’aurais entendu si je ne l’avais pas fait.» Imparable.

Le voici donc au Tchad pour y chercher des journalistes qui de toute façon allaient être libérés. Au lieu de les accueillir à Villacoublay, pourquoi aller sur place ? Parce que c’est bon pour son image ? Certes. Parce qu’il fallait donner un gage au président tchadien, maître du jeu ? Sans doute. D’où son étrange discours qui peut se retourner en tous sens. Sarkozy y affirme qu’il «respecte» la justice tchadienne… mais que les inculpés ont le «droit au respect de leurs droits»…et que finalement il préférerait que les membres de l’Arche de Zoé soient jugés en France. Il a également martelé que cette affaire n’avait «rien à voir» avec le déploiement de l’Eufor, la force européenne. Il n’y a pas eu de chantage tchadien, promis. Ce qu’Idriss Déby a évidemment confirmé de façon appuyée. Avec force, pourrait-on ajouter.

Reste que les 6 Français de l’ONG autoproclamée sont encore au Tchad et que l’on assiste en France à une curieuse schizophrénie. On découvre peu à peu les aspects quasi sectaires de cette équipée et l’on voit des manifestations en soutien à ceux que l’on présente comme victimes de leur bon cœur.

Le feuilleton est donc loin d’être terminé, mais Nicolas Sarkozy a dû griller une cartouche médiatico-diplomatique très tôt dans le jeu.

 
Commentaires (1)

1. éric 14/11/2007

La méthode Sarko manque singulièrement de cohérence. On voit de plus en plus se profiler le portrait de l'apprenti sorcier: il tente des coups par çi par là pour voir où ça tombe, sans trop savoir ce qu'il fait au juste, l'essentiel étant d'agir... Si ce type de personnage a sa place dans une fiction faite pour divertir et accrocher le spectateur, je ne vois vraiment pas ce qu'il peut apporter de bon en politique, ou dans les grandes décisions de société. Les actes politiques féconds procèdent de l'intelligence et du courage, pas de l'impatience d'agir. Ils se situent dans le long terme, et pour ce qui est de l'histrion agité qui nous occupe, on mesurera dans 5 ou 10 ans l'entreprise de destruction qu'aura été sa gesticulation médiatique pour le paysage politique et social français.

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