Cartouche didier pourquery

Editorial

On sait Nicolas Sarkozy expert en rhétorique. Avocat, il a gardé l’habitude de ponctuer ses interventions de réponses à des questions que personne ne lui pose… et de répondre à toute remarque qu’il juge déplaisante par sa phrase désormais célèbre : «On me reproche ça, mais qu’est-ce que j’aurais entendu si je ne l’avais pas fait.» Imparable.

Le voici donc au Tchad pour y chercher des journalistes qui de toute façon allaient être libérés. Au lieu de les accueillir à Villacoublay, pourquoi aller sur place ? Parce que c’est bon pour son image ? Certes. Parce qu’il fallait donner un gage au président tchadien, maître du jeu ? Sans doute. D’où son étrange discours qui peut se retourner en tous sens. Sarkozy y affirme qu’il «respecte» la justice tchadienne… mais que les inculpés ont le «droit au respect de leurs droits»…et que finalement il préférerait que les membres de l’Arche de Zoé soient jugés en France. Il a également martelé que cette affaire n’avait «rien à voir» avec le déploiement de l’Eufor, la force européenne. Il n’y a pas eu de chantage tchadien, promis. Ce qu’Idriss Déby a évidemment confirmé de façon appuyée. Avec force, pourrait-on ajouter.

Reste que les 6 Français de l’ONG autoproclamée sont encore au Tchad et que l’on assiste en France à une curieuse schizophrénie. On découvre peu à peu les aspects quasi sectaires de cette équipée et l’on voit des manifestations en soutien à ceux que l’on présente comme victimes de leur bon cœur.

Le feuilleton est donc loin d’être terminé, mais Nicolas Sarkozy a dû griller une cartouche médiatico-diplomatique très tôt dans le jeu.

 

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